Depuis près d’un millénaire, l’abbaye de Westminster entretient un lien institutionnel indissociable avec la Couronne britannique. Cette relation unique trouve ses racines en 1066, lorsque Guillaume le Conquérant choisit d’y être couronné roi d’Angleterre. Dès lors, le statut de l’édifice évolue : il devient le théâtre exclusif des sacres royaux et la nécropole principale des souverains jusqu’au XVIIIe siècle.
Au Moyen Âge, l’importance politique de l’abbaye s’accentue sous le règne de Henri III, qui reconstruit le monument dans le style gothique actuel afin d’en faire un symbole du pouvoir royal. En 1560, la reine Élisabeth Ier lui confère le statut particulier de « Royal Peculiar », plaçant l’abbaye directement sous la juridiction du monarque plutôt que sous celle d’un diocèse. Ce lien séculaire explique pourquoi Westminster demeure, encore aujourd’hui, le lieu privilégié pour les grands événements de l’État et de la famille royale.